30 septembre 2007
Mort aux cons

Dans la morosité de la rentrée littéraire qui traite de la mort à tous vents, avec un sérieux qui frise le grotesque, Carl Aderhold est bien rafrâichissant. Lui aussi y va de son cheval de bataille, mais là, c'est réjouissant.
Que celui qui n'a jamais eu envie d'éclater la tronche du voisin bruyant, du gosse mal élevé, du petit chef mesquin ou du chauffard agressif, lève le doigt. Que celui qui n'a jamais eu envie de démolir le portrait du pompeux cornichon assomant avec ses certitudes et pédanteries le lève aussi. Le narrateur, lassé des "cons qui lui pourrissent la vie", décide purement et simplement d'en débarasser l'humanité. Il fait çà vite, bien, sans autres états d'âmes que l'écrasement d'un insecte nuisible. Cà donne un récit cynique, assez loufoque, émaillé de savoureux portraits de cons en tous genres. Le classement "sociologique" des cons est d'ailleurs un joli petit morceau assez réussi.
Bien sûr, il y a quelques faiblesses -c'est un premier roman-; bien sûr, la fin est quelque peu tirée par les cheveux mais franchement, c'est un bouquin distrayant, qui peut d'ailleurs donner des idées...
Mon avis: à lire certaines descriptions de cons par l'auteur, je connais quelques "intellos chiants" qui devraient se faire du souci!:)
20 septembre 2007
ARLINGTON PARK

Arlington Park, c'est un banlieue londonienne plutôt chic, "avec de belles voitures". Les hommes partent travailler tôt, les femmes ont parfois un job à mi-temps, s'occupent de la maison et des enfants. Tout pourrait être lisse -café entre amis, virées shopping, dîners plus ou moins ratés- mais rien ne l'est. Arlington Park est un livre abrupt, parfois vitriolé. Les quatre femmes dont l'auteur suit la journée ne sont pas heureuses. Frustration, sentiment de gâcher sa vie, de gaspiller son intelligence à des tâches bassement alimentaires. Sentiment d'être ramenées à une fonction d'élevage. Les ennemis, ce sont les maris et les enfants. Les maris qui rentrent le soir comme des corps étrangers. Les enfants qui épuisent et "gâchent la vie". Qu'est ce qui les fait rester? Peut-être une certaine forme d'amour, celle qui se cache sous le masque de l'habitude.
Vous l'aurez compris, malgré le thème traité, Arlington Park n'a rien d'une littérature pour poulettes. L'auteur possède une ironie cruelle, notamment dans les scènes finales. Un bémol, toutefois: analyser les faits et gestes du quotidien d'un point de vue sociologique peut s'avérer barbant...Mais ce ne sont que quelques longueurs dans un bon bouquin de rentrée.
Mon avis: Offrez le à la copine qui vient de se mettre en congé parental...
12 septembre 2007
Les invités de l'île

Si vous aimez les nouvelles, les îles, les maisons et les tranches de vie, vous adorerez ce livre. L'écrivain hollandais Vonne Van der Meer campe un petit monde de passage dans une maison de vacances, successivement occupée par divers locataires.
Cette petite maison sans prétention, nichée dans les dunes, servira de havre à certains, de révélateur à d'autres. Une femme tente d'oublier l'infidélité de son époux, un homme à bout de souffle retrouve goût à la vie, une célibataire endurcie accepte enfin ses faiblesses. Les personnages sont attachants, l'écriture de Vonne Vander Meer entraîne tout doucement son lecteur, comme le courant du large. Printemps, été, automne, l'île et la maison montrent leurs diverses facettes, tout aussi réjouissantes.
Mon avis: un très agréable bouquin de retour de vacances...et la couverture est si jolie!