04 octobre 2007
Vous y comprenez quelque chose?
Voici la critique d'un manuscrit dont l'auteur est Eric Lequier-Esposti, qui se présente comme un "auteur en quête d'éditeur".
S'il compte sur le billet de cette admiratrice pour allécher le lecteur, hé bien il peut attendre longtemps.... Jugez en plutôt:
"Je viens de terminer la lecture de votre manuscrit intitulé «Conte à rebours».
Holà ! Voilà une lecture qui nous ébranle sérieusement les repères
temporels ! D’emblée, on est sous le choc de l’incompréhension de cet
univers atypique. On se sent un peu comme ce petit et/ou grand Désiré
lui-même. On existe en tant que lecteur, au fil de la narration, en
tentant de saisir des jalons de ce temps redéfini à contresens de toute
anticipation ! Rien ne se présente tel qu’attendu. On est forcé de se
reconstruire une conception du monde telle que ce dernier se présente
dans cette incroyable fiction à rebours. Ouf ! On finit par s’y faire…
tout comme Dédé et son entourage. Quoique ce curieux sentiment
d’exceptionnalité persiste fondamentalement tant dans notre
intellection des choses, ainsi remises en question par la
reconstruction de cet autre univers parallèle à l’inverse, que dans les
traits psychologiques et physiques (précisément au trajet de croisement
télescopique des deux évolutions) du personnage principal, aussi
étonnant qu’il se présente, étonné lui-même de sa propre étrangeté !"
Bon, moi je suis aussi sous le choc d'une incompréhension...Sans rire...
30 septembre 2007
Mort aux cons

Dans la morosité de la rentrée littéraire qui traite de la mort à tous vents, avec un sérieux qui frise le grotesque, Carl Aderhold est bien rafrâichissant. Lui aussi y va de son cheval de bataille, mais là, c'est réjouissant.
Que celui qui n'a jamais eu envie d'éclater la tronche du voisin bruyant, du gosse mal élevé, du petit chef mesquin ou du chauffard agressif, lève le doigt. Que celui qui n'a jamais eu envie de démolir le portrait du pompeux cornichon assomant avec ses certitudes et pédanteries le lève aussi. Le narrateur, lassé des "cons qui lui pourrissent la vie", décide purement et simplement d'en débarasser l'humanité. Il fait çà vite, bien, sans autres états d'âmes que l'écrasement d'un insecte nuisible. Cà donne un récit cynique, assez loufoque, émaillé de savoureux portraits de cons en tous genres. Le classement "sociologique" des cons est d'ailleurs un joli petit morceau assez réussi.
Bien sûr, il y a quelques faiblesses -c'est un premier roman-; bien sûr, la fin est quelque peu tirée par les cheveux mais franchement, c'est un bouquin distrayant, qui peut d'ailleurs donner des idées...
Mon avis: à lire certaines descriptions de cons par l'auteur, je connais quelques "intellos chiants" qui devraient se faire du souci!:)
20 septembre 2007
ARLINGTON PARK

Arlington Park, c'est un banlieue londonienne plutôt chic, "avec de belles voitures". Les hommes partent travailler tôt, les femmes ont parfois un job à mi-temps, s'occupent de la maison et des enfants. Tout pourrait être lisse -café entre amis, virées shopping, dîners plus ou moins ratés- mais rien ne l'est. Arlington Park est un livre abrupt, parfois vitriolé. Les quatre femmes dont l'auteur suit la journée ne sont pas heureuses. Frustration, sentiment de gâcher sa vie, de gaspiller son intelligence à des tâches bassement alimentaires. Sentiment d'être ramenées à une fonction d'élevage. Les ennemis, ce sont les maris et les enfants. Les maris qui rentrent le soir comme des corps étrangers. Les enfants qui épuisent et "gâchent la vie". Qu'est ce qui les fait rester? Peut-être une certaine forme d'amour, celle qui se cache sous le masque de l'habitude.
Vous l'aurez compris, malgré le thème traité, Arlington Park n'a rien d'une littérature pour poulettes. L'auteur possède une ironie cruelle, notamment dans les scènes finales. Un bémol, toutefois: analyser les faits et gestes du quotidien d'un point de vue sociologique peut s'avérer barbant...Mais ce ne sont que quelques longueurs dans un bon bouquin de rentrée.
Mon avis: Offrez le à la copine qui vient de se mettre en congé parental...
12 septembre 2007
Les invités de l'île

Si vous aimez les nouvelles, les îles, les maisons et les tranches de vie, vous adorerez ce livre. L'écrivain hollandais Vonne Van der Meer campe un petit monde de passage dans une maison de vacances, successivement occupée par divers locataires.
Cette petite maison sans prétention, nichée dans les dunes, servira de havre à certains, de révélateur à d'autres. Une femme tente d'oublier l'infidélité de son époux, un homme à bout de souffle retrouve goût à la vie, une célibataire endurcie accepte enfin ses faiblesses. Les personnages sont attachants, l'écriture de Vonne Vander Meer entraîne tout doucement son lecteur, comme le courant du large. Printemps, été, automne, l'île et la maison montrent leurs diverses facettes, tout aussi réjouissantes.
Mon avis: un très agréable bouquin de retour de vacances...et la couverture est si jolie!
23 août 2007
Vais- je lire "Le cimetière des poupées?"
A moins d'ignorer les blogs et journaux littéraires, impossible de passer à côté de la sortie du bouquin de la fille de François Mitterrand devenue romancière sous le nom de Mazarine Pingeot. Toute la gent intello est en émoi. En effet, le thème traité -celui de l'affaire Courjault et des bébés congelés, malgré les dénégations maladroites de l'auteur et de l'éditeur- est d'une actualité brûlante puisque Véronique Courjault sera prochainement renvoyée devant les assises.
J'avoue que je suis perplexe. D'une part, il paraît que le bouquin est bien écrit, même le féroce Dorian en convient, le qualifiant de "livre honnête". D'autre part, hormis le côté insupportable de Mazarine en fille à papa gardienne de mémoire filiale, je ne comprends pas pourquoi elle n'avoue pas tout simplement s'être inspirée de l'affaire Courjault, au lieu de prétendre qu'elle n'en avait pas entendu parler. Du coup, le livre prend un aspect "marketing" qui me gêne. Enfin, j'ai l'impression que depuis "Les Bienveillantes", on assiste à une mode "confessions" dans le genre sordide. Sauf que Jonathan Littell a fait un chef-d'oeuvre.
Allez, je vais faire comme beaucoup de clampins dont je suis: je lirai ce bouquin (sans l'acheter, faut pas rêver, je me mettrai dans un fauteuil à la FNAC ou au Bon Marché) en espérant trouver plein de détails horribles à vous dégoûter de bouffer de la viande jusqu'à la fin de vos jours...
Vacances et lecture ne font pas bon ménage
Je suis confuse, je n'ai pas lu grand chose pendant ces longues vacances d'été. Quelques classiques dont Orgueil et Préjugés, le dernier Harry Potter et pas mal de chick-lit...Bref, je m'excuse et reprendrai plus sérieusement ce blog dans quelques jours, dès que j'aurai regagné mes pénates et renvoyé les enfants à l'école...
02 juillet 2007
Déjeuner de Famille de John CHEEVER
Ouf! J'ai quand même réussi à terminer ce bouquin. J'ai honte. Pourquoi? Il n'est pas mal mais je n'ai pas réussi à accrocher. Même si certaines nouvelles sont très bonnes et cyniques, l'ensemble se noie, à mon avis, dans une pâte mollassonne. Est ce le style de Cheever qui m'endort? Ses personnages, tous bienveillants et honnêtes? Leurs petites tranches de vie insipides? Je ne sais pas. Je ne mets pas Cheever dans la catégorie "Auteurs chiants",parce que pour battre la Pagano, faut être français et pseudo-intello. Ce qui n'est pas son cas. Mais en dépit des qualités du livre, j'ai pas aimé. Voilà et çà n'engage que moi.
Mon avis: Attendez qu'il sorte en Poche, si vous tenez vraiment à le lire...
26 juin 2007
Carnets de voyage
S'il y a un genre que j'affectionne particulièrement, c'est cenui des carnets de voyage. Vous savez, ces petits cahiers remplis de dessins, croquis, collages et textes divers, glanés çà et là au gré des souvenirs de voyage de l'auteur. En cette période de début de vacances, ce serait amusant de s'en fabriquer un!
Certains sont très beaux. Les auteurs sont des artistes confirmés, ont le sens de la mise en page et maîtrisent l'art du collage comme personne. Les textes ont, eux aussi, une grande importance et mettent en relief toute la dimension poétique du carnet.
Toutefois, pas besoin d'être un pro de l'aquarelle, ni d'aller à l'autre bout de la planète pour rêver. Le quartier, le quotidien, l'intime s'y prêtent tout à fait. Moi même, j'en ai plusieurs. J'aime les souvenirs et les albums photos m'ennuient. Alors, je glane, je garde, je colle, j'annote, je dessine, pas toujours très bien mais qu'importe! C'est un rempart contre le temps qui passe trop vite...
Les puristes aimeront faire des stages pour apprendre à s'en fabriquer un. Personellement, je préfère la spontanéité, même maladroite. La perfection peut être froide.
Voici des sites interessants, si çà vous tente:
ICI: c'est très bien pour progresser, il y a des fiches techniques notamment sur les crayons de couleur!
LA: Une belle artiste, très sympa et un superbe travail mainte fois récompensé...
Et puis LA AUSSI: 10 ans de carnets et de voyages, ce n'est pas rien!
Et enfin, LA: Un vrai pro...
En dernière minute: allez voir ce site d'un carnettiste amateur et très doué. L'avantage, c'est qu'il détaille précisément toutes ses tecniques, çà donne plein d'idées!
Bon voyage!
22 juin 2007
Que faire?
Que faire quand vous butez sur un bouquin présenté comme un incontournable? Dont l'auteur -mort- est jugé comme l'un des plus grands de son époque? Que faire quand vous baillez dessus en vous échinant à trouver ce qu'on a bien pu y dénicher de sensationnel?
Ben rien. C'est ce qui m'arrive. Je peine sur "Déjeuner de Famille" de John Cheever et pourtant, j'adore les nouvelles. Allez, un dernier effort, afin que je puisse émettre un avis éclairé...A mes lunettes!
12 juin 2007
Le livre de Joe
Je viens de finir de bouquin et ma foi, je suis assez perplexe. On m'en avait dit le plus grand bien et c'est vrai que j'ai passé un très bon moment. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et c'est l'essentiel, me direz vous. Hé bien non.
L'auteur, Jonathan Tropper, est un pur produit des ateliers d'écriture américains et çà se sent, de même que son livre est calibré pour une adaptation au cinéma. Tout y est pour faire un excellent film: une histoire forte - un jeune auteur à succès revient dans sa bourgade natale qui lui a servi de toile de fond pour son best-seller et devra affronter l'hostilité de ses concitoyens et aussi les démons de son passé-, des personnages attachants et bien campés, des dialogues savoureux qui tiennent la route, des scènes très "photogéniques"...Tous les ingrédients sont là pour en faire un bouquin réussi et il l'est, c'est indéniable. Ce qui me gêne, c'est que l'auteur a manifestement suivi la recette du best-seller à la lettre, que dis-je, à la virgule près. Il a certes un talent qui permet à une véritable émotion de se dégager de l'oeuvre, sinon on n'était pas loin de la chicklit...
Mon avis: mettez le sans risque dans votre PAL de l'été, d'autant plus qu'il est sorti en Poche...Malgré mes réserves, ç'est un très bon bouquin.
